Ceux qui commandent ici…
Dans la dernière Nation, M. Jomini se désolait d'avoir vu un étranger insulter un chauffeur de bus à Lausanne. Résignés à ce genre de scènes courantes, craignant de s'attirer des ennuis, les autres passagers n'ont pas bougé. Et l'auteur de l'article de méditer sur les nouveaux détenteurs du pouvoir…
M. Jomini est un homme heureux s'il n'a vu «que» ça! Le samedi suivant, au milieu de la nuit, ce sont des centaines de «jeunes» du quartier des Bergières qui, après s'être battus au couteau, ont attaqué des policiers lausannois à coups de gros cailloux et de barres de fer. Les agents n'ont eu que le temps de se mettre à l'abri et de demander des renforts avec des casques et des boucliers – de la provocation, comme le laissera entendre par la suite un certain M. Mabanza! Pendant des heures, de nombreux policiers et gendarmes venus de toute la région ont été harcelés par des hordes déchaînées qui tentaient soit de les affronter soit de les prendre à revers. Mais ces événements ne sembleront pas soulever beaucoup d'émotion les jours suivants. La presse relatera les faits sans passion. Les quelques personnes interpellées seront relâchées comme si elles n'avaient rien fait, et les déprédations commises seront réparées aux frais des assurances et des collectivités publiques.
Quelques jours plus tard, à Berne, des immigrés clandestins ont organisé l'évasion d'un détenu, en plein jour, en faisant semblant de manifester devant une prison. Ces gens, adulés par une partie de la classe politico-médiatique, continuent de s'afficher en toute liberté et d'exprimer leurs revendications en public, sans que personne ne songe à les arrêter.
On pourrait continuer la liste… Tous ces faits sont connus et publiés. Mais personne ne bouge le petit doigt. Contrairement à la situation qui prévaut dans la plupart des autres pays, les «forces de l'ordre» n'ont pas le droit d'utiliser leurs armes, elles n'ont pas le droit de riposter comme il convient aux sauvages qui les caillassent, et même les mesures qu'elles prennent pour se protéger sont contestées désormais par «ceux qui commandent ici». Les seuls à faire la police, ce sont les ligues de vertu antiraciste qui fliquent policiers, journalistes et simples citoyens pour dissuader quiconque de désigner ou de punir les coupables, et pour éviter que quoi que ce soit ne vienne déranger le bon déroulement des événements.
Tout ça ne change rien aux conclusions de M. Jomini. Sauf que la situation est sans doute plus grave que son exemple ne le laissait entendre.
(La Nation n° 1673, 8 février 2002)