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vendredi 25 février 2000

EtaCom: qui sont les menteurs?

Au moment de la récolte des signatures contre le projet EtaCom, il n'était pas facile de convaincre les Lausannois que cette «péréquation» allait coûter plus de 3 millions à leur ville, soit l'équivalent d'un point d'impôt supplémentaire. Le moins qu'on puisse dire est qu'ils avaient du mal à le croire.

Aujourd'hui, les promoteurs d'EtaCom – en particulier M. Schilt, syndic de Lausanne, et quelques sbires de l'administration vaudoise – exploitent à fond cette incrédulité en axant leur campagne sur le thème: «Les opposants sont des menteurs!» Ils profitent de chaque occasion pour jeter publiquement cette grave accusation à la face de leurs adversaires. En exploitant leur autorité et leurs nombreuses tribunes, ils comptent bien répandre le trouble dans la population.

La réalité? L'ensemble du processus EtaCom se compose de deux instruments financiers, techniquement distincts mais objectivement inséparables: le fonds de péréquation et le fonds de régulation. C'est l'addition de ces deux flux qui coûtera l'équivalent d'un point d'impôt à la capitale, et non le fonds de péréquation seul, comme on a pu le dire ici ou là par abus de langage.

Conclusion: EtaCom coûtera effectivement plus de 3 millions à la ville de Lausanne, c'est écrit noir sur blanc dans les chiffres publiés par l'Etat. Mais l'officialité se plaît à dissimuler ses projets sous des invectives et des arguties rhétoriques. Le débat vole bas.

(La Nation n° 1622, 25 février 2000)