On a la solution!
Au lendemain de l'échec de l'initiative «Pas de Suisse à 10 millions», M. Thomas Aeschi, conseiller national zougois membre de l'UDC, a déclaré: «Il n'est pas imaginable que la Suisse romande dicte comment la Suisse alémanique doit se comporter!»
De ce côté-ci de la Sarine, les médias et les politiciens bien-pensants, qui jugent inimaginable que la Suisse alémanique dicte comment la Suisse romande doit se comporter, se sont indignés des propos de M. Aeschi.
Chacun voudrait imposer sa volonté aux autres, mais refuse de se voir imposer la volonté des autres. Cette attitude est assez courante chez l'être humain.
Il existe pourtant une solution pour mettre tout le monde d'accord. Ça s'appelle le fédéralisme. Cela permet (ou devrait permettre) aux Etats cantonaux (et non à «la Suisse alémanique» ou «la Suisse romande») de faire comme ils veulent et comme ils pensent, en se montrant inventifs et originaux (ou non).
Mais cela implique aussi qu'on renonce à vouloir imposer son génie propre et sa présumée sagesse au reste du monde. C'est ça le plus difficile.
(Le Coin du Ronchon, La Nation n° 2311, 7 août 2026)