Nous allons enfin y être!
Heureusement que nous n'y sommes pas encore!
Le Temps, lundi 2 octobre, bas de la page 7: «Des soutiens majoritaires pour l'adhésion à l'ONU. – La procédure de consultation lancée en juin par le Conseil fédéral a confirmé la tendance. Les avis en faveur de l'adhésion à l'ONU sont clairement plus nombreux. (…) Pour les démocrates-chrétiens et les radicaux, l'adhésion est si évidente qu'une page A4 suffit à exprimer leurs réponses. L'UDC est le seul des quatre partis gouvernementaux à craindre pour la neutralité de la Suisse. (…) Cette question de neutralité n'apparaît pas dans les réponses des autres partis gouvernementaux. Le PDC rappelle qu'il est depuis des années favorable à l'adhésion. Aujourd'hui déjà, les relations entre l'ONU et la Suisse sont très intenses, estiment les radicaux. (…) etc. etc.»
Le Temps, lundi 2 octobre, haut de la page 7: «La Suisse se démarque en envisageant de rouvrir son ambassade à Bagdad. – Nous n'avons pas à nous aligner sur la politique des Etats-Unis. Le conseiller national radical Claude Frey plaide pour une levée des sanctions contre l'Irak. (…) Les services de Joseph Deiss préparent activement la réouverture de l'ambassade de Suisse. (…) Plusieurs personnalités estiment que les sanctions isolant l'Irak font du mal surtout à la population civile. (…) La Yougoslavie, à l'instar de l'Irak, est également frappée par des sanctions de l'ONU et c'est la population qui en fait les frais. Face à l'Irak, la Suisse se démarque de bien d'autres pays. Berne n'a pas interdit son espace aérien à l'opération «un avion pour l'Irak» qui visait à violer l'embargo de l'ONU. (…) Le conseiller national Patrice Mugny (Verts) se réjouit du fait que Berne ne s'est pas pliée aux pressions extérieures. (…) Le conseiller national libéral Jacques-Simon Eggly estime que nous devons profiter de notre espace de liberté pour nous placer à l'avant-poste. (…) etc. etc.»
Qu'on soit radical, libéral, socialiste ou journaliste, l'important est aujourd'hui d'être flexible. C'est-à-dire, par une habile contorsion intellectuelle, d'éviter que la main gauche ne regarde ce qu'écrit la main droite et de ranger le dogme et la réalité chacun à des endroits différents.
(Le Coin du Ronchon, La Nation n° 1638, 6 octobre 2000)